Jeudi 14 janvier 2010
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19:43
Bonjour,
Je suis formatrice en langues.
Parmi mes multiples employeurs, je travaille dans une école privée de l'enseignement supérieur depuis mars 2007 en tant que vacataire d'anglais intervenant pour environ 4h par semaine pendant 8
semaines chaque semestre. J'ai donc des bulletins de salaire d'octobre à mai, 8 mois par an depuis cette date. Le salaire horaire est de 52€ de l'heure.
Nous avons été tous invités par la direction à une réunion de fin d'année scolaire avant l’été où elle nous propose de nous augmenter à 58€ de l'heure ... A CONDITION QUE nous adoptions tous le
nouveau système d'auto-entrepreneur ou indépendant en prenant un n° Siret.
Leur argument est que, suite aux contraintes infernales qu’on leur impose pour les vacataires (qu'ils "n'ont pas le droit d'employer plus de 30 jours par an"-ce sont les formateurs occasionnels-
ndlr) et suite aux nouveaux dispositifs dans lesquels l'auto-employé paye lui-même ses charges à 18%, joignant le geste à la parole en brandissant un exemplaire d’une revue économique avec le titre
en couverture "améliorez vos revenus"...
Ils envisagent ce nouveau système où "on est tous gagnant-gagnant" puisqu'ils vont nous faire bénéficier d'une partie de l'économie qu'ils font de leur 40% de charges patronales qu'ils n'auront
plus à payer. Mais ils soulignent que leur motivation première n'est pas de réduire nos salaires par 20% mais de sortir du "carcan" du plafond de 30 jours maximum de jours de vacation par an ; ils
pourront nous donner beaucoup plus de travail…
Une grande partie d'intervenants étant consultants ou employés dans des entreprises de marketing, de publicité, d'organisation d'événements, etc, ils sont peu nombreux à avoir formulé des
objections.
Les syndiqués CGT et d’autres, ont posé des questions:
- ne risque-t-on pas perdre les droits acquis? Il est évident que l'on perd l'assurance chômage mais il est probable que nous ne l'ayons pas de toute façon puisqu'il ne
figure pas dans nos cotisations actuelles)
- pouvons-nous garder le statut de salarié vis-à-vis de nos autres employeurs ? Mais dès qu'on a un n° Siret, tous nos employeurs vont à tout prix vouloir profiter de ce
changement de statut....
On nous a rassurés ! Evidemment que non....
Alors, j’ai pris la parole prétextant qu’en tant qu'étrangère, je ne comprenais pas tout : Comment peut-on espérer rééquilibrer la situation de la sécurité sociale et de la retraite si tout le
monde trouve des solutions pour baisser leurs cotisations ? Que risque-t-on de perdre en tant que salarié en acceptant ce nouveau statut?
A la fin de la réunion, une majorité d’intervenants semblait ne pas être contre (ou n'osait rien dire). Le directeur nous a invité à venir le voir individuellement au cas par cas. Mais, en
réalité, il a été clair : si on n'accepte pas ce changement, on n'aura pas de cours l'année prochaine.
Tout cela me chagrine et me révolte.
Je pourrais laisser trainer, prétextant que je n'ai pas trouvé le temps de me renseigner auprès des Caisses avant de prendre mon n° de Siret...
Je pourrais écrire un courrier de refus, argumentant que je préfère travailler pour des institutions dont la culture et l’esprit sont plus socialement responsables.
Mais je me dis que ce serait peut-être plus efficace de contacter le SNPEFP CGT qui m’aidera à résister à ce changement de statut et à trouver des arguments (pour l'intérêt individuel en plus
de celui évidemment social...) auprès des autres profs.
Et si quelques profs (ou moi-même, toute seule, pour le principe) refusons ce changement de statut et cette ‘augmentation’ dangereuse et informons vouloir rester sur les bases de paiement
anciennes, quelles en seront les conséquences ? Aurons-nous à nous défendre éventuellement par une procédure auprès des prud'hommes pour licenciement ou changement abusif de contrat?
Salutations syndicales
M. G.
Blog : la casse du métier
Par SNPEFP Formation privée
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Publié dans : Langues (F.L.E.)
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