Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 18:38
Publié le 26 octobre 2009, 23 h 27 min, par admin.
par Patrick Guiol et Jorge Muñoz,
Presses Universitaire de Rennes, 2009, 301 p., 18 €.
Dès les premières pages de ce livre le lecteur est plongé au cœur d’un sujet passionnant. mais ô combien sensible ! Celui du rapport entre climat social, management de l’entreprise et risques réels de pathologie ou d’accident encourus par les salariés. Pour la démonstration, l’ouvrage compare deux modèles opposés de gestion des ressources humaines : celles ouvertes au dialogue social, privilégiant l’animation à l’injonction ; celles autoritaires et fermées à tout dialogue. L’étude porte sur pas moins de 128 entreprises, 74 médecins du travail et 30255 salariés. Parallèlement, 234 médecins généralistes ont été sondés.

La spécificité de cette étude sanitaire réside donc dans le fait d’avoir retenu la notion de nuisance environnementale la participation insuffisante à la prise de décision et le manque de contrôle sur le travail font également partie du contexte et peuvent être considérés comme un problème d’organisation plus général ». Ce livre explore cette piste, non sans succès. Les résultats sont significatifs, édifiants parfois : 13% de mieux, en coût total sanitaire, du côté de la gouvernance « participative » mais avec un avantage encore plus marqué en matière d’accident du travail, surtout chez les hommes, lesquels se montrent plus sensibles que leurs consoeurs à la nature du pouvoir exercé sur eux.

Chiffres à l’appui, l’étude montre qu’un management ouvert au dialogue social contribue à un meilleur climat social et qu’un climat social positif contribue à une moindre dégradation de la santé. Quant à l’extrapolation du différentiel de coût sanitaire pour la collectivité il serait de l’ordre de 1 milliard 367 millions d’euros d’économie, soit un peu plus de 16 % du déficit de la sécurité sociale, « assurance maladie » et branche « Accident du travail – maladie professionnelle » incluse. Pas spectaculaire certes, mais pas négligeable non plus !. D’après les entretiens réalisés auprès des professionnels de la santé, aussi bien auprès des médecins du travail que des généralistes, une des sources majeures de la souffrance au travail proviendrait du manque de reconnaissance dont se plaignent les salariés. Le constat est sans appel.
En parallèle, ce livre propose un utile état des lieux des politiques publiques de santé en France et de leur orientation relativement récente vers des approches plus préventives que curatives. A ce panorama de l’évolution, les auteurs ajoutent une très pratique présentation des études actuelles sur le stress au travail et de leurs modèles explicatifs. Ils n’hésitent pas, non plus, à pousser dans leurs retranchements ultimes les limites de l’approfondissement des déterminants économiques et sociaux de la santé au travail en incluant le facteur politique lui-même, celui des politiques industrielles comme source d’incidences sanitaires pas toujours fortuites. Ainsi, abordent-ils l’observation de dégradations sanitaires indirectes dans le bassin d’emploi de Tarbes connu pour avoir traversé, en 2003, une grave crise du fait de décisions gouvernementales.

Le choix de l’observation s’était porté en la circonstance sur une zone géographique, il aurait très bien pu l’être sur une entreprise ; par exemple, une entreprise publique livrée à la privatisation… D’ailleurs, outre le stress au travail, un chapitre évoque l’acédie, cette crise du milieu de vie qui se caractérise par une profonde perte de repères et peut présenter, pour celui ou celle qui en est atteint, tous les attributs de la dépression. Etonnamment prémonitoire sur les 23 suicides à France Télécom, les auteurs notent avec pertinence, que : « La perte de foi professionnelle n’est pas automatiquement imputable à celui qui l’éprouve mais au contexte qui la suscite. Que dire, par exemple, des troubles du désenchantement observés chez des salariés jadis baignés des valeurs du service public, en l’espèce ceux de France Télécom convertis de force au modèle privatisé de Orange ? » Ici, précisent-ils, l’explication matérielle et sociale domine sur l’explication individuelle. Ainsi, désignaient-ils par avance l’un des facteurs explicatifs du fond de l’affaire que médias et politiciens escamotent pudiquement aujourd’hui.

Une fragilisation collective préalable sur laquelle vient s’ajouter un management par le stress, un harcèlement et des dévalorisations destinés à pousser nombre de salariés vers la sortie. Tous les ingrédients réunis d’un cocktail explosif qui aboutit à ce taux inhabituellement élevé de « bavures ».
dans sa dimension relationnelle, c’est-à-dire psychosociale et non physique. La dangerosité ergonomique des postes de travail, l’exposition aux intempéries ou au bruit, la toxicité des solvants ou les projections de poussières, tous ces facteurs matériels de nocivité ou de risque qui évoquent traditionnellement les interactions entre la personne et son milieu de travail ne sont abordés, ici, que sous l’angle complémentaire de leur lien aux relations de travail régnant dans l’entreprise. En un mot, les formes de pouvoir dans l’entreprise y sont appréhendées comme un facteur révélateur des disparités de santé. Facteur qui appartient au contexte du travail et non au contenu du travail. L’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail admet d’ailleurs, depuis 2000, que parmi les conditions déterminant le risque de stress au travail, «

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Par SNPEFP Formation privée - Publié dans : Lectures - Communauté : FORMATION PROFESSIONNELLE
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