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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 08:16

La CGT a revendiqué la modernisation des règles de la représentativité syndicale et la transparence des comptes, non seulement pour les organisations syndicales de salariés, mais aussi pour celles du patronat.
Ce 14 novembre, la CGT rend donc publics ses comptes certifiés au cours d’une conférence de presse. Michel Doneddu, trésorier de la CGT en fait ici une présentation.



Intervention de Bernard Thibault lors de la présentation des comptes certifiés de la CGT le 14 novembre 2011

Nous vous rencontrons aujourd’hui à l’occasion de la publication des comptes 2010 de notre Confédération qui ont été certifiés par un Commissaire aux comptes, conformément à la législation désormais en vigueur.

J’insisterai sur ses principales caractéristiques et surtout sur l’iniquité de plus en plus flagrante qui persiste entre les moyens à disposition de la défense des intérêts des salariés et ceux dont dispose le Collège Employeurs.

Vous constaterez dans nos comptes

Que le montant des cotisations brutes perçues au niveau national représente un peu plus de 52 millions d’euros, ce qui correspond à 77 millions d’euros versés par les syndiqués.
La différence entre ces deux sommes est conservée par les syndicats d’entreprises qui sont les collecteurs de la cotisation pour mener leur propre activité, soit, en moyenne, 33 % de la cotisation. La répartition de l’usage de ces 52 millions encaissés par la Confédération s’opère de la manière suivante :
- 39,7 millions reversés aux fédérations professionnelles, unions départementales et unions locales ;
- 12,8 millions qui couvrent :
- l’activité de la Confédération,
- le Fonds national interprofessionnel (action d’entraide et de développement entre organisations),
- le journal aux syndiqués,
- le centre de formation syndicale.

Nos comptes font apparaître que pour 1 euro de cotisation versé par les syndiqués, nous touchons 12 centimes de subvention publique.
Nos effectifs sont composés de 124 personnes salariées auxquelles il faut ajouter 29 équivalents temps plein, militants élus ou collaborateurs détachés par les droits syndicaux issus du secteur public, soit 19 % des 153 personnes à l’effectif. La proportion des militants mis à disposition par la fonction publique et les grandes entreprises nationales équivaut à la proportion des salariés de ces secteurs dans l’ensemble du salariat.

J’en profite pour vous donner des éléments actualisés sur l’état de syndicalisation à la CGT :
- Le règlement des cotisations fait apparaître une progression de 15 000 FNI entre 2007 et 2009, c’est-à-dire la première cotisation de l’année qui sert à comptabiliser le nombre d’adhérents.
- Nous comptabilisons ainsi pour 2009 (dernier exercice clos) 669 614 adhérents, dont 115 256 retraités.
- L’exercice 2010 non clos fait apparaître une progression de 3,76%¨pour le nombre d’adhérents sur une période comparable.
- 2011est également en progression de 1% sur le nombre de syndiqués pour la période comparable.

Quelques éléments sur le profil des 525 282 syndiqués identifiés dans notre fichier interne (ce n’est pas la totalité des adhérents) :
- 35,3% de femmes, 64,7% d’hommes
- 44,8 % du public, 55,2% du privé
- 13,2% de moins de 35 ans, dont 6,4% de moins de 30 ans
- 58,7% dans des entreprises de plus de 500 salariés
- 7,2% dans des entreprises de moins de 50 salariés.

Ces profils sont quelque peu modifiés dans les adhésions nouvelles :
- Nous avons déjà recensé 36 618 adhésions à la CGT en 2011,

  • 42% sont des femmes,
  • 62,3% sont issus du privé,
  • 28% ont moins de 35 an ?
  • 16,8% ont moins de 30 ans,
  • 16,6% sont dans des entreprises de moins de 50 salariés.

La CGT a été auditionnée le 27 octobre par la Commission d’enquête sur le financement des organisations syndicales d’employeurs et de salariés.
Nous avons fait part à ses membres de notre étonnement quant à la création de cette Commission. Nous n’en avons pas encore compris les véritables motivations, dans la mesure où elle a été constituée au moment même où est entrée en vigueur l’obligation contenue dans la Loi du 20 août 2008 d’une certification des comptes et de leur publication par les organisations syndicales.

Une seule « affaire » a véritablement défrayé la chronique ces dernières années en matière de financement, celle dite de l’UIMM.
Force est de constater que la justice est capable de faire la lumière sur toute une série d’actes délictueux commis dans notre société mais, dans le cas d’espèce, il semble suffire du silence d’un ou de quelques témoins clés pour que les procédures cessent. C’est surprenant !

Nous espérons que les travaux de cette commission vont permettre de mettre en lumière l’iniquité flagrante qui existe entre les moyens permettant d’assurer la représentation des salariés et ceux qui alimentent la représentation patronale.

Iniquité sur les sources de financement
Les organisations de salariés sont essentiellement financées par les cotisations volontaires de salariés. Ces cotisations représentent pour les adhérents de la CGT, 1 % du salaire.
Les organisations patronales sont financées par une cotisation imputée sur les frais généraux de l’entreprise.
Autrement dit, on trouve légitime qu’une part de la richesse créée dans l’entreprise finance la représentation Employeurs sans que les salariés ne disposent de l’équivalent. C’est anormal !

Ce mécanisme est source d’une grave inégalité de traitement qu s’illustre par exemple sur le fait que le siège de la CGT a été financé par les cotisations des syndiqués et par l’emprunt. Celui du Medef l’a été par des donations d’entreprises qui ont leur nom inscrit dans le hall de l’immeuble comme « généreux donateurs ». Il y a deux poids, deux mesures.

Iniquité sur les moyens qu’ont les deux collèges pour assurer leur représentation dans les instances, institutions ou de concertation dans lesquelles sont appelés à siéger patronat et syndicats.

Nous avons transmis à la Commission d’enquête la liste des instances dans lesquelles nous sommes appelés à siéger pour représenter les salariés. Le relevé est impressionnant. Il y en a plus de 400 rien qu’au plan national.

Dans la législation française, le droit social est négocié par les syndicats jugés représentatifs pour être applicable à l’ensemble des salariés, qu’ils soient ou non syndiqués. (D’autres pays, principalement anglo-saxons, ont une autre conception du droit : la convention collective ne couvre que les syndiqués).

Malgré cette reconnaissance d’une mission d’intérêt général de représentation de tous les salariés, force est de constater que pour l’essentiel, cette représentation est financée par les seuls syndiqués.
Ainsi, les moyens que nous avons pour assurer cette représentation reposent sur :
- Des salariés de la CGT (donc payés par les cotisations),
- Des imputations de jours d’absence auprès de l’employeur (cotisations),
- Des conventions de détachement négociées avec quelques grands groupes,
- L’utilisation du droit syndical de la fonction publique, le seul à reconnaître la dimension interprofessionnelle de la représentation syndicale.

Ce point a fait l’objet de discussions serrées avec le ministre de la Fonction publique. Ce n’est pas la réduction des droits syndicaux de la fonction publique qui doit être à l’ordre du jour mais la reconnaissance du droit syndical interprofessionnel par les entreprises privées.

Si je fais le parallèle avec les modalités par lesquelles les organisations patronales assurent leur représentation et leur fonctionnement interne, je constate que, là-aussi, l’utilisation des DRH, experts techniques, cadres supérieurs payés par les entreprises assurent ce rôle comme si cela faisait partie intégrante du métier pour lequel ils sont payés.
A notre connaissance, le Medef ne rembourse pas l’entreprise qui lui fournit des compétences pour une mission qui est pourtant syndicale. Là aussi, il y a deux poids, deux mesures.

Pour conclure ce propos, je voudrais rappeler que la CGT a largement milité pour qu’évoluent les règles de représentativité syndicale.
Le processus est en cours depuis l’adoption de la loi d’août 2008. Nous ne sommes pas encore au bout du chemin, il reste deux chantiers qui n’ont pas été ouverts jusqu’à présents :
- La représentativité des organisations patronales,
- Des règles de financement plus équitables entre représentation des salariés et représentation patronale adossées à une démocratie sociale renouvelée.

Il serait sain que les travaux de la Commission d’enquête contribue à une prise de conscience des parlementaires sur l’urgence de faire évoluer le droit dans ces deux domaines.

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 19:01

L’indice des prix à la consommation en France a augmenté de 0,2 % en octobre par rapport au mois précédent et a franchi le seuil entraînant une revalorisation automatique du SMIC. Il s’agit donc d’une augmentation mécanique et non d’une mesure gouvernementale.

Gouvernement, Président de la République en tête, n’ont en effet, jamais donné le moindre coup de pouce au SMIC depuis ces 5 dernières années et ont, au contraire, encouragé les bas salaires en maintenant les dispositifs d’exonérations sur les bas salaires, véritables trappes à bas salaires. Cette revalorisation automatique est largement insuffisante non seulement pour les 2,3 millions de salariés concernés qui percevront 1 094,71 euros net mensuel, mais aussi pour les autres salariés dont le revenu moyen se situe à, à peine 1 600 euros, sans parler des millions de salariés qui subissent la précarité et le temps partiel.

Rappelons que le pouvoir d’achat par ménage a baissé en 2010 de -0,3%, qu’il existe encore de grandes disparités entre les rémunérations des femmes et des hommes.

La CGT revendique un SMIC à 1 700 euros compte tenu de l’inflation et du poids des dépenses contraintes (chauffage, carburants, loyer, etc.). En effet, une hausse régulière du SMIC alimentant une dynamique salariale contribue, au travers de la consommation des salariés, à la croissance économique, favorisant le développement de l’activité et de l’emploi.

Montreuil, le 10 novembre 2011

Source : INSEE, Comptes nationaux, base 2005, tableau t2102 du 13/05/2011.

 

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 19:00

Le 18 mai 2011, 12 salariés haïtiens « sans papiers » travaillant dans les Salons Hoche au 9 avenue Hoche, Paris 17ème, s’étaient mis en grève pour faire valoir leurs droits de salariés :

- Requalifier leurs contrats en CDI après des années comme « extras »

- Faire payer le nombre impressionnant d’heures supplémentaires non payées

- Réintégrer ceux qui avaient été licenciés parce qu’ils réclamaient leurs droits

- Régulariser leur situation administrative

Suite à ce mouvement de grève, la direction de l’entreprise avait fini par signer des contrats de travail en CDI pour chacun d’eux et la préfecture de police de Paris avait reçu l’ensemble des dossiers en vue de la régularisation de ces salariés.

Mais contrairement aux engagements contenus dans les textes de régularisation « par le travail » , sept mois plus tard, la préfecture de police de Paris et les autres préfectures concernées n’ont toujours pas convoqué ces travailleurs, qui sont de fait maintenus par l’administration dans une extrême précarité.

Cette situation n’a que trop duré pour ces salariés ! Le ministère de l’Intérieur, Claude Guéant lui-même, le ministère du Travail doivent faire appliquer ces textes, qui ont été y compris confirmés par la Direction de l’Immigration dans une Instruction remise aux préfets le 8 juillet 2011.

Cette même situation n’a que trop duré pour nombre de travailleurs sans papiers qui se sont engagés dans la grève depuis le 12 octobre 2009, qui ont déposé leur dossier depuis de nombreux mois et n’ont toujours pas été convoqués par les préfectures pour se voir remettre un premier « récépissé » !

C’est pour faire respecter les engagements signés que les salariés « sans papiers » se sont invités ce matin dans les salons Hoche.

Ils bossent ici, ils luttent ici, ils doivent rester ici…avec tous leurs droits de salariés et à égalité de traitement avec les autres salariés. Ce n’est pas en organisant de fait la concurrence entre les salariés qu’on protège les salariés d’ici, c’est en faisant en sorte que chaque salarié, travaillant déjà ici, dispose, grâce à sa régularisation administrative, d’un contrat de travail et de conditions de travail aux normes d’ici.

Montreuil, le 10 novembre 2011



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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 08:31

Le nouveau plan de rigueur, dévoilé par le Premier ministre le 7 novembre 2011, n'épargne pas les auto-entrepreneurs, dont le seuil de chiffre d'affaires à ne pas dépasser ne devrait plus augmenter jusqu'en 2013.
Par Emmanuel Colombié pour LEntreprise.com, publié le 09/11/2011

C'est un effet collatéral passé quasiment inaperçu : le plan de rigueur pénalise aussi les auto-entrepreneurs.

Annoncé par le Premier ministre le 7 novembre, le gel du barème de l'impôt sur le revenu en 2012 et 2013, sur la base de 2011, bloque par conséquent les plafonds de recette que les auto-entrepreneurs ne peuvent pas franchir. En effet, s'il opte pour le prélèvement fiscal libératoire, chaque mois ou chaque trimestre, l'auto-entrepreneur peut s'acquitter de son impôt sur le revenu (IR) sur la base du chiffre d'affaires qu'il a encaissé au cours de cette même période.

Sous réserve de validation du plan Fillon 2 au Parlement:
- Les montants à ne pas dépasser sont (et resteront) les suivants :
Micro-BIC (activités de vente) : 81 500 € en 2011, 2012 et 2013.
Micro-BNC (prestations de services) : 32 600 € en 2011, 2012 et 2013.
- Les limites des plafonds de tolérance en 2011, 2012 et 2013 seront de 89 600 € pour les activités de vente et de 34 600 € pour les prestations de services.

Pour opter pour le prélèvement fiscal libératoire, le montant du revenu de référence du foyer fiscal de l'auto-entrepreneur par part de quotient familial ne doit pas excéder la limite de 26 420 € pour les revenus de 2011 (option en 2013) et de 2012 (option en 2014).

Pour les auto-entrepreneurs immatriculés en 2009, l'exonération de cotisation de CFE (Contribution foncière des entreprises) prend fin au 1er janvier 2012, celle-ci étant prévue pour une durée de 3 ans.

Voilà qui pourrait inciter plus d'un auto-entrepreneur à changer de statut plus tôt que prévu.

Par SNPF - CGT - Publié dans : Actualité
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 17:08
Pour la CE, les annonces du Premier ministre le 7 novembre accentuent l’austérité imposée par le gouvernement depuis plusieurs années. En moins de 3 mois, les salariés sont lourdement touchés: taxes sur les complémentaires santé, CSG, aggravation de la contre-réforme des retraites, augmentation des impôts (IRPP – TVA), perte de pouvoir d’achat de prestations sociales, détérioration et remise en cause accentuées des services publics et des services de santé (RGPP); autant de mesures que la CE de FO condamne et dont elle demande l’abandon.

Pour la CE, l’austérité constitue une triple erreur, un triple danger :

- elle menace l’activité économique et l’emploi faisant glisser l’économie vers la récession;

- elle accentue les inégalités sociales et veut faire payer aux travailleurs une crise dont ils ne sont pas responsables;

- elle sape les principes républicains et les droits sociaux.

Pour la CE l’austérité, d’où qu’elle vienne («de droite ou de gauche») est inacceptable. En ne s’émancipant pas des marchés financiers, en s’inscrivant dans la dictature de la dette, les gouvernements fragilisent la démocratie et l’Union Européenne s’affiche de plus en plus comme une contrainte restrictive, le dumping et la régression l’emportant sur la solidarité et le progrès.

Pour toutes ces raisons, la CE considère qu’une réponse déterminée est nécessaire. Cette réponse ne peut en aucun cas consister en une succession de manifestations ou journées d’action dont on a fait le constat de l’inefficacité l’an dernier.

Pour la CE, condamner les plans d’austérité annoncés et contrer toutes nouvelles annonces nécessite de préparer, par l’action commune, un appel à 24 heures de grève interprofessionnelle.

Adoptée à l’unanimité.
 
Par SNPF - CGT - Publié dans : Actualité
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